Il est 11 heures, un mardi de juillet, quelque part dans le Lot. Météo-France vient de passer le département en vigilance orange canicule. Dans une commune de 400 habitants, la secrétaire de mairie — qui travaille ici le mardi et le jeudi matin — ouvre le classeur du registre communal : trente-deux noms, des personnes âgées ou isolées, inscrites parce que la loi le prévoit. Il faudrait appeler chacune d'elles. Vérifier que la dame du hameau a bien de l'eau fraîche, que le monsieur de la route de la vallée n'est pas seul, noter qui ne répond pas pour passer le voir. Trente-deux appels, trois minutes chacun quand tout va bien. Une heure et demie de téléphone, un matin où il y a aussi l'état civil, l'urbanisme et le camion de la cantine.
La plupart du temps, ces appels ne sont pas passés. Pas par négligence — par arithmétique.
Cet article raconte un outil que nous avons construit pour résoudre exactement ce problème : un automate qui appelle toute la liste du registre en quelques minutes, qui parle, qui écoute, et qui rend compte au maire nom par nom. Vous pouvez l'essayer en ligne, là, maintenant — c'est vous qui recevez l'appel. Mais avant de vous montrer la solution, il faut prendre la mesure du problème, parce qu'il est plus grave et plus documenté qu'on ne le croit.
L'été où les chiffres ont parlé
L'été 2025 a été le plus meurtrier depuis 2003. Selon Santé publique France, près de 780 décès ont été attribués à la chaleur pendant les seuls épisodes de canicule, et plus de 5 700 décès sur l'ensemble de l'été en France métropolitaine. Les personnes de 75 ans et plus concentrent la quasi-totalité de cet excès de mortalité.
Un chiffre, dans ce bilan, devrait arrêter tous les maires : pendant le premier épisode de l'été, la surmortalité a été de +91 % à domicile, contre +37 % en établissement. Autrement dit, on meurt de la chaleur d'abord chez soi — précisément là où personne ne passe, là où le seul filet de sécurité est un coup de téléphone.
Ce coup de téléphone, la France l'a inventé après la canicule de 2003 et ses 15 000 morts. La loi du 30 juin 2004 impose à chaque commune de tenir un registre nominatif des personnes vulnérables — âgées, handicapées, isolées — et l'article L121-6-1 du code de l'action sociale et des familles prévoit qu'en cas de déclenchement du plan d'alerte, la commune organise des contacts périodiques avec les personnes inscrites.
Vingt-deux ans plus tard, le bilan de ce dispositif tient en deux constats officiels.
Premier constat : les registres sont presque vides. Selon Santé publique France, cité par Maire-Info, seules 1 à 4 % des personnes concernées y sont inscrites. L'inscription reposait sur le volontariat : il fallait savoir que le registre existait, et faire la démarche.
Deuxième constat : même pour ces registres squelettiques, les communes n'arrivent pas à passer les appels. L'Association des Maires de France l'écrit sans détour : « la majorité des communes soulignent leur manque de ressources, que ce soit parfois simplement pour passer les appels téléphoniques aux personnes vulnérables pendant les vagues de chaleur ».
Le filet de sécurité existe dans la loi. Dans la réalité, il a des trous de la taille d'un département.
Ce qui a changé le 3 juillet 2026
Si le sujet était resté en l'état, cet article n'existerait pas. Mais le décret n° 2026-590 du 3 juillet 2026, pris en application de la loi « bien vieillir » de 2024, vient de changer la donne — et très peu de communes ont mesuré ce qui leur arrive.
Deux bascules. D'abord, le registre va se remplir tout seul : les données des bénéficiaires de l'allocation personnalisée d'autonomie et de la prestation de compensation du handicap seront transmises chaque année aux maires, sauf opposition des intéressés. Maire-Info avance le chiffre de 340 000 nouveaux inscrits attendus par an, sur 1,5 million de bénéficiaires concernés. La commune qui gérait douze noms sur un cahier va en recevoir cent cinquante.
Ensuite, le registre sert désormais toute l'année : plus seulement en canicule, mais pour des contacts réguliers de lutte contre l'isolement et de repérage du non-recours aux aides. Ce n'est plus un dispositif d'urgence, c'est une mission permanente.
Faites le calcul pour une commune rurale : un registre qui passe de 30 à 150 noms, une obligation qui passe d'un épisode par été à un contact régulier toute l'année, et le même secrétariat à temps partiel. L'écart entre ce que la loi demande et ce que la commune peut faire, déjà béant, vient d'être multiplié.
C'est exactement le genre d'écart que l'automatisation sait combler.
Ce que fait l'automate — et surtout, ce qu'il rend
Le principe est simple à dire : au déclenchement d'une vigilance (ou au rythme choisi pour les contacts de l'année), l'automate appelle chaque personne du registre, avec un message enregistré aux couleurs de la commune — sa voix, ses consignes, son nom. Il demande comment la personne se sent, donne les conseils du plan canicule, demande si elle a besoin de quelque chose.
Mais la vraie valeur n'est pas dans l'appel. Elle est dans le compte rendu. Chez LocalBooster, toutes nos automatisations obéissent à une règle que nous appliquons d'abord à nous-mêmes : un traitement doit toujours distinguer trois états, jamais deux. Appliquée ici :
- A répondu — tout va bien. Aucune action. La commune garde la trace du contact : en cas de contrôle ou de drame, elle peut prouver qu'elle a fait sa part.
- A répondu — demande de l'aide. Le secrétariat est alerté immédiatement : cette personne est à rappeler en priorité, par un humain.
- N'a pas répondu. Et c'est l'état le plus important des trois : le silence n'est pas une absence d'information, c'est un signal. Visite à domicile recommandée — c'est chez les gens qui ne décrochent pas que les +91 % de surmortalité à domicile se cachent.
Un appel « passé sans erreur » n'est pas un appel « qui a fait son travail ». Les solutions qui envoient un message et cochent une case confondent les deux. La liste des trois états, nom par nom, sur l'écran du secrétariat dix minutes après le déclenchement : voilà le produit.
Précision qui compte : l'automate ne remplace personne. Il fait le tri en dix minutes pour que l'humain — la secrétaire, l'élu, le voisin volontaire du plan communal — passe son temps là où il est irremplaçable : chez la personne qui demande de l'aide, et à la porte de celle qui n'a pas répondu.
Essayez-le — c'est vous qui recevez l'appel
Nous n'aimons pas les promesses sur papier glacé, alors nous avons mis la démonstration en ligne : sur la page d'essai, vous cliquez, votre navigateur vous appelle, et Louise — notre assistante vocale — joue pour vous l'appel de vigilance d'une commune fictive, Saint-Denis-lès-Martel. Répondez-lui que tout va bien, ou dites-lui que vous avez besoin d'aide : à la fin de l'appel, vous verrez apparaître le compte rendu exact que verrait le secrétariat, dans l'un des trois états.
Deux choses que vous remarquerez, parce que nous y tenons. La démonstration s'annonce comme telle dès la première seconde — un automate qui se fait passer pour un humain, c'est non, et c'est d'ailleurs ce que demande la CNIL : tout appel automatisé doit identifier qui appelle et permettre de s'opposer simplement. Et rien n'est conservé : pas de nom, pas de numéro, compte rendu effacé sous 24 heures.
À qui ça s'adresse — et à quel prix
La cible évidente, ce sont les petites communes — celles qui n'ont ni centre communal d'action sociale étoffé ni service dédié. Les solutions de télé-alerte existantes sont dimensionnées pour l'autre bout du spectre : des plateformes capables de centaines de milliers d'appels par heure, vendues sur devis aux villes et aux intercommunalités. Pour situer le marché, une des rares offres à prix public facture 42 dollars par mois par tranche de 1 000 habitants pour les SMS et appels illimités — mais en libre-service : à la commune de tout paramétrer, rédiger, tester et faire vivre.
Notre proposition est inverse : du sur-mesure installé et accompagné, à l'échelle d'une commune de 300 habitants. Le registre est importé avec le secrétariat, le message est écrit avec le maire (et enregistré avec la voix qu'on choisit ensemble), le déclenchement est un bouton — ou un automatisme branché sur la vigilance météo — et le compte rendu arrive là où le secrétariat travaille déjà. Le prix se fixe en proposition commerciale, comme tout ce que nous faisons : en face du coût réel du problème pour VOTRE commune, pas d'une grille anonyme.
Et ce coût se calcule. Un registre de 150 noms — la taille post-décret — représente 7 à 8 heures d'appels manuels par épisode de vigilance ; l'été 2025 en a compté plusieurs. Ajoutez les contacts réguliers de l'année désormais prévus par les textes, et vous obtenez l'équivalent de plusieurs semaines de secrétariat par an — ou une délibération pour un outil qui fait le tri en dix minutes, avec une trace écrite à chaque déclenchement. Face à un contrôle, ou face à une famille après un drame, « nous avons appelé tout le registre en dix minutes et nous sommes allés frapper aux trois portes qui ne répondaient pas » est une phrase qui protège le maire — juridiquement et humainement.
Ce que votre commune peut en faire d'autre (et ce que ça dit de votre mairie)
Le même automate, une fois installé, ne sert pas qu'à la canicule. Tout ce qui est « prévenir une liste de personnes et savoir qui a besoin d'aide » entre dans le moule :
- grand froid — même registre, mêmes obligations, janvier au lieu de juillet ;
- coupures d'eau ou de courant annoncées, alertes de crue, épisodes orageux — prévenir les foyers concernés et repérer ceux qui ont besoin d'une assistance ;
- contacts réguliers contre l'isolement — le nouveau régime du registre le permet explicitement : un appel mensuel de la commune à ses aînés, avec remontée de ce qui ne va pas ;
- repérage du non-recours — « saviez-vous que vous avez peut-être droit à… » , l'autre mission que le décret de juillet confie au registre ;
- et au-delà de la mairie : les associations d'aide à domicile, les clubs des aînés, les paroisses ont exactement le même problème de tournée téléphonique.
Il y a aussi un bénéfice qu'aucune ligne budgétaire ne mesure : ce que ça dit de la commune. Une petite mairie rurale qui appelle chacun de ses aînés le premier jour d'une canicule — et qui frappe à la porte de ceux qui ne répondent pas — raconte quelque chose sur elle-même que aucun bulletin municipal ne peut raconter.
Pourquoi c'est le moment exact
Trois calendriers se croisent en ce moment, et c'est rare.
Le calendrier réglementaire : le décret du 3 juillet 2026 a cinq semaines. Les registres vont gonfler mécaniquement dès les premières transmissions de données ; les communes qui s'outillent maintenant prennent le sujet en marche avant qu'il ne les prenne.
Le calendrier climatique : la veille saisonnière canicule court jusqu'au 15 septembre, et les étés qui viennent ne ressembleront pas aux étés d'avant. Ce n'est pas un investissement pour un risque hypothétique, c'est un outil pour un rendez-vous certain.
Le calendrier juridique, enfin, joue pour les outils bien construits : depuis le 11 août 2026, le démarchage téléphonique sans consentement préalable est interdit (loi du 30 juin 2025), et les automates d'appel doivent respecter des règles strictes d'identification et de numérotation. Un appel de vigilance municipal vers un registre légal n'est pas du démarchage — mais l'outillage doit être conforme dès la conception : consentement documenté, identification claire, opposition simple, conservation minimale. C'est ainsi que le nôtre est construit, et nous vous montrons comment.
La méthode LocalBooster, en transparence
Cet outil n'est pas sorti d'un catalogue. Il est le premier produit d'une méthode que nous assumons publiquement : nous ne construisons que ce dont la demande est prouvée par des éléments concrets — ici, une obligation légale de 2004, un décret de renforcement de juillet 2026, et le constat écrit de l'Association des Maires de France que les communes n'ont « pas les moyens de passer les appels ». Pas d'intuition, pas de gadget : des chiffres qui portent le problème, la solution, et le résultat attendu — vous venez d'en lire les sources, elles sont toutes publiques.
Deux fois par semaine, nous publions une nouvelle démonstration construite sur ce principe, testable en ligne. Celles qui sont sorties, et le programme de celles qui arrivent, sont sur la page Réalisations. Celle-ci est la première.
Si vous êtes maire, adjoint ou secrétaire de mairie : essayez l'appel de démonstration, puis parlons de votre commune — votre registre, vos habitudes, ce qui existe déjà chez vous. L'audit est gratuit, dure vingt minutes, et vous repartez avec le chiffrage de votre situation, quoi que vous décidiez ensuite. Si vous êtes artisan, commerçant ou responsable d'association et que vous avez lu jusqu'ici : le même principe — des automatisations qui rendent compte en trois états — s'applique à vos devis, vos relances et vos réservations. C'est le même audit, et il est tout aussi gratuit.